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Compte rendu de la semaine 1 (1er au 6 janvier 2008)

Challenger Challenger

I/ Résumé des activités de la semaine

Comme je l’avais indiqué dans l’article initial « stratégie », un des principaux écueils du challenge était le départ : Une bankroll de 10$ est éminemment fragile, et donne peu de droits à l’erreur.

Le risque maximal est donné par le tableau ci-dessous. Il montre qu’en appliquant mes règles, je peux perdre 26 tournois successifs avant de tomber à zéro, pas un de plus, mais pas un de moins non plus, surtout !

nombre Sit&Gobankroll départfinbuy-in challenger
1 10,00 8,90 1
2 8,90 8,35 0,5
3 8,35 7,80 0,5
4 7,80 7,25 0,5
5 7,25 6,70 0,5
6 6,70 6,15 0,5
7 6,15 5,60 0,5
8 5,60 5,05 0,5
9 5,05 4,50 0,5
10 4,50 3,95 0,5
11 3,95 3,40 0,5
12 3,40 2,85 0,5
13 2,85 2,30 0,5
14 2,30 2,03 0,25
15 2,03 1,75 0,25
16 1,75 1,48 0,25
17 1,48 1,20 0,25
18 1,20 0,93 0,25
19 0,93 0,82 0,1
20 0,82 0,71 0,1
21 0,71 0,60 0,1
22 0,60 0,49 0,1
23 0,49 0,38 0,1
24 0,38 0,27 0,1
25 0,27 0,16 0,1
26 0,16 0,05 0,1

Le plus important à noter ici, c’est qu’au niveau du challenge, bien sûr qu’une descente de la bankroll vers les 5$ rendrait l’entreprise beaucoup plus ardue, mais surtout qu’une telle gestion de bankroll permet en jouant correctement un très grand nombre de parties pour un investissement fort limité. D’autant plus que ce scénario catastrophe est peu probable, et qu’en pratique chaque gain représente autant de nouveaux buy-in.

A l’inverse, l’impératif d’une durée limitée de deux mois impose de chercher à atteindre assez vite les niveaux supérieurs. D’où la barre de changement de niveau que j’ai placée à 10% de la bankroll, au lieu des 20% que nous recommandons aux joueurs en progression régulière.

Cette contradiction est accentuée par un fréquent faible niveau technique des joueurs à ces buy-in, qui les rend imprévisibles, donc difficiles à jouer.. On voit souvent 6 voire 7 joueurs dans un flop, ce qui rend toute manœuvre un peu sophistiquée absolument impossible !

En application de cette analyse, je décide dès début janvier de prendre un petit risque, en commençant par un tournoi à 1$. Mal m’en prend, je le perds…

Cet échec m’amène naturellement à une application immédiate de la règle de gestion de bankroll : descente au niveau inférieur, soit à une table Aracar à 0,5 $

Les deux premières Aracar se soldent aussi par une élimination trop rapide, ce qui ne me laisse qu’avec une bankroll de 7,80$. Ca ne met pas encore le challenge en péril, mais d’ores et déjà la réalisation de l’objectif ne m’impose plus de multiplier ma bankroll par 100, mais par 130 !
Je prends une décision avant de m’inscrire à une nouvelle table Aracar : si celle-ci se traduit par une nouvelle perte, j’anticiperai la descente de niveau, quitte à jouer plus de parties au buy-in inférieur. Il faut tout faire pour ne pas me retrouver en deux jours dans une situation quasi-impossible !

Heureusement, j’arrive à reprendre le contrôle des événements, et réalise deux secondes places successives. Ma bankroll repasse alors la barre des 10$, croisant juste la courbe théorique prévue. Je rappelle que, par construction du challenge 10 à 1000 en deux mois, celle-ci table sur une progression journalière de 8% environ, 67% par semaine.

Une fois repassée au-dessus de cette ligne idéale, je reste en avance sur le plan de marche toute la semaine, ainsi que le montrent les tableaux ci-dessous.

Voici un exemple frappant de ce qui peut se produire dans de tels tournois à ce niveau :

Situation : toute première main d’un Sit&Go Putana, buy-in $1 + 0,1

Un premier tour de mises voit quelques joueurs suivre le surblind, puis arrive une relance, immédiatement sur-relancée à tapis !

Et c’est l’avalanche, trois joueurs ayant initialement juste suivi ou effectué une petite relance n’hésitant pas à mettre leurs 1000 jetons au milieu de la table !

Résultat : 3 éliminés en moins d’une minute…

Manifestement, certains, soit par indifférence vis-à-vis du dollar en jeu, soit par méconnaissance de la valeur réelle de leur main, peuvent penser qu’un tel risque est bon à prendre en tout début de tournoi, dans une optique « ça passe ou ça casse », avec l’espoir irréaliste d’une quasi-certitude de gain final. Un des désavantages flagrants de cette tactique est qu’elle prive trois des joueurs de la possibilité d’acquérir de l’expérience en jouant plus longuement dans ce tournoi « pas cher »…

II/ Les indicateurs de suivi du challenge

Cette semaine, j’ai joué 26 Sit&Go :

4 Aracar à $0,50
22 Putana à $1

Le tableau ci-dessous vous en donne le détail selon l’historique Everest :

J’ai juste doublé ma bankroll de départ, ce qui signifie que le gros risque du départ est pratiquement déjà passé.

Un point à noter : en étant gagnant, l’impact des prélèvements (ou « fees » = les 10% prélevés par le site) est bien moins fort que lors d’une série négative : d’où encore une fois, l’importance de la gestion de bankroll, afin de toujours jouer à un niveau que l’on maîtrise.

Petit rappel, les fondamentaux ayant été énoncés dans l’article de François Montmirel, et dans l’exposé de ma stratégie :

En tournoi Sit&Go, les deux indicateurs techniques essentiels sont :

  • Le pourcentage ITM (in the money), à savoir le nombre de tournois où l’on atteint les places payées par rapport au nombre de tournois joués. En-dessous de 35%, il faut se poser la question de redescendre en buy-in.
  • Le pourcentage de premières places, important parce que celle-ci bénéficie d’une prime par rapport aux 2ème et 3ème, qui constitue un bel effet de levier. Il faut chercher à le maintenir au-dessus de 10%.

Ils sont intégrés dans l’indicateur clé en tournoi, le R.O.I. (Retour Sur Investissement), qui est le ratio des gains sur l’investissement.

Le défi posé par ce challenge, passer de $10 à $1000 en deux mois, repose sur un ROI de 12%. C’est sur cette base qu’est définie la courbe idéale de progression, à laquelle je me comparerai tout au long du challenge.

Le nombre de tournois réalisés impose de prendre ces chiffres avec précaution, mais ils donnent une première tendance :
Malgré les coups durs du départ, je me maintiens sur la semaine un peu au-dessus du plan de marche.

Tous mes indicateurs provisoires sont au vert :

50% ITM, et à chaque niveau, amusante coïncidence !
15% de premières places, ce que j’aimerais beaucoup maintenir à cet étiage.
ROI de 40%, qui prouve ce beau lancement du challenge, mais que je sais avoir très peu de chances de maintenir sur la durée.

Remarque : à noter que pour un même ITM, un plus grand pourcentage de premières places à $0,50 fait bondir le ROI, ce qui confirme que l’ITM seul n’est pas suffisant pour caractériser une rentabilité !

III/ Mes objectifs de la semaine à venir

Mon objectif général reste le plan de marche à ROI 12%.

Je vais bien entendu chercher à conserver, voire accentuer mon avance, sachant que sur la fin du challenge, la rencontre avec des joueurs plus expérimentés due à la hausse du buy-in rendra ce 12% plus délicat à assurer.

Un objectif spécifique cette semaine 2 : monter au niveau supérieur, les tables Maipo à $2,5, et m’y maintenir !

Objectif bankroll : $28

Rappel :

  objectif réalisé
Semaine 1 $16,68 $20,60
Semaine 2 $28,00

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